Rap
Titre : “Dernier Trajet”
[Intro – parlé | piano sombre, pluie légère]
Demain matin…
Je vais faire comme si tout allait bien.
Je vais leur dire de mettre leur cartable,
de fermer leur veste,
de faire attention sur la route…
Mais au fond de moi…
j’sais très bien que c’est pas un matin comme les autres.
Demain…
c’est la dernière fois que je les conduis à l’école
avant le déménagement…
avant cette nouvelle vie…
avant cette séparation qui me coupe en deux.
Et personne voit vraiment
ce que ça fait dans le cœur d’un père.
[Couplet 1 – rap posé, voix grave]
Demain je vais tourner la clé, démarrer la voiture,
Avec le cœur en morceaux, mais le sourire en armure.
Eux derrière, innocents, avec leurs petites voix,
Ils parleront de l’école sans comprendre mon combat.
Je regarderai le rétro, j’verrai leurs visages,
Et chaque feu rouge deviendra une image.
Le même chemin qu’avant, mais plus rien n’est pareil,
Le soleil se lève, mais moi j’ai froid sous le ciel.
J’ai porté des silences que personne n’a pesés,
Des nuits entières à tomber sans jamais l’avouer.
On dit qu’un père doit tenir, doit rester debout,
Mais parfois même les rochers finissent à genoux.
J’ai pas peur du départ, j’ai peur du vide après,
Des chambres plus calmes, des rires qui disparaissaient.
J’ai peur du dimanche soir, du sac qu’on prépare,
Des bisous trop courts, des “à bientôt papa” dans le noir.
[Pré-refrain – mélodique, voix cassée]
Et si mes yeux brillent demain matin,
Ce n’est pas la fatigue, c’est le chagrin.
Je vais serrer le volant pour pas trembler,
Mais dedans, tout est en train de s’écrouler.
[Refrain – chanté/rap mélodique]
Demain c’est le dernier trajet,
Avant que la vie nous sépare un peu.
Je vais sourire pour les protéger,
Mais moi je saigne derrière les yeux.
Un père aussi peut avoir mal,
Même quand il parle pas, même quand il tient.
Ma blessure ne fait que saigner,
Depuis que je dois lâcher leurs mains.
Dernier trajet… dernier matin…
Je garde leurs voix dans mon cœur abîmé.
Dernier regard dans le rétroviseur…
Et moi j’avance, brisé, mais obligé d’aimer.
[Couplet 2 – plus dur, plus profond]
On parle souvent des mères, de leurs larmes, de leur courage,
Mais les pères aussi se noient derrière leur visage.
Nous aussi on compte les jours, les heures, les absences,
Nous aussi on meurt un peu dans le silence.
J’ai changé des couches, calmé des peurs, porté des sacs,
Essuyé des pleurs, inventé des blagues.
J’ai été taxi, refuge, papa fatigué,
Mais toujours là, même quand j’étais cassé.
Et demain sur le parking, faudra faire normal,
Un bisou sur le front, cacher le mal.
“Travaille bien mon cœur, écoute la maîtresse,”
Pendant que mon âme hurlera sa détresse.
J’aurai envie de les garder, de bloquer le temps,
De dire à la vie : “Non, pas maintenant.”
Mais faut les laisser entrer, faut faire le brave,
Même si chaque pas loin de moi m’enterre dans ma cave.
[Pont – parlé émotionnel | violons]
Mon fils… ma fille…
Vous ne comprendrez peut-être pas tout de suite.
Mais papa vous aime.
Même quand il n’est pas là.
Même quand la maison change.
Même quand les semaines deviennent différentes.
Rien ne pourra déplacer votre place dans mon cœur.
Rien.
Pas un déménagement.
Pas une séparation.
Pas la distance.
Pas le temps.
[Couplet 3 – montée dramatique]
Je vais rentrer seul, et là ça va frapper fort,
Le siège arrière vide, comme un décor de mort.
Plus de cartable qui traîne, plus de dispute légère,
Juste l’écho d’un père qui voudrait revenir en arrière.
Je vais ouvrir la porte, entendre le silence,
Ce silence qui juge, qui danse, qui lance
Des souvenirs dans les murs comme des couteaux,
Des “papa regarde” gravés sous ma peau.
Mais je dois rester debout, même brisé dans l’histoire,
Parce qu’ils auront besoin de me voir garder l’espoir.
Je serai leur repère, même à moitié détruit,
Leur lumière allumée au milieu de la nuit.
Alors demain je conduirai lentement,
Comme si chaque mètre pouvait durer plus longtemps.
Et quand ils descendront, je garderai tout en moi,
Parce qu’un père pleure souvent quand personne ne le voit.
[Refrain – plus puissant]
Demain c’est le dernier trajet,
Avant que la vie nous sépare un peu.
Je vais sourire pour les protéger,
Mais moi je saigne derrière les yeux.
Un père aussi peut avoir mal,
Même quand il parle pas, même quand il tient.
Ma blessure ne fait que saigner,
Depuis que je dois lâcher leurs mains.
Dernier trajet… dernier matin…
Je garde leurs voix dans mon cœur abîmé.
Dernier regard dans le rétroviseur…
Et moi j’avance, brisé, mais obligé d’aimer.
[Outro – parlé, piano seul]
Demain…
Je ne conduirai pas seulement mes enfants à l’école.
Je conduirai une partie de ma vie
vers une porte que je n’ai jamais voulu ouvrir.
Et quand ils descendront de la voiture…
je leur dirai sûrement :
“Bonne journée, je vous aime.”
Mais dans ma tête…
je crierai :
“Restez encore un peu…”
[Dernière phrase murmurée]
Un père aussi peut avoir dur…
et moi…
ma blessure ne fait que saigner.
Dernier Trajet est une chanson très personnelle, écrite autour d’un moment simple en apparence, mais déchirant dans le cœur d’un père : conduire ses enfants à l’école une dernière fois avant un déménagement et une séparation.
Ce titre parle de cette douleur qu’on garde souvent pour soi. Celle d’un papa qui essaie de rester fort devant ses enfants, qui sourit pour les protéger, mais qui s’écroule intérieurement quand il réalise que plus rien ne sera comme avant.
Entre rap conscient, piano mélancolique, violons cinématiques et ambiance sombre, Dernier Trajet met en musique une blessure profonde : l’amour d’un père, la peur du vide, les silences après les rires, et cette impression que la vie arrache doucement ce qu’on a de plus précieux.
Un morceau pour tous les parents qui ont déjà dû dire “à bientôt” alors qu’ils avaient envie de dire “reste encore un peu”.
Artiste : Nouveau Départ à Deux
Titre : Dernier Trajet
Style : Rap conscient émotionnel, piano, violons, boom bap cinématique
Thèmes : père, enfants, séparation, déménagement, absence, amour paternel, famille, blessure intérieure