RAP
đ€ LĂ OĂ LES RUES VIVAIENT
[INTRO] (Piano seul â craquements vinyles)
...
J'ai pas grandi avec Internet...
J'ai grandi...
Avec le bruit d'un ballon...
Qui rebondissait sous ma fenĂȘtre...
Le grincement d'un vélo...
Et les mÚres qui criaient nos prénoms...
Avant que les lampadaires...
Nous disent qu'il était l'heure de rentrer...
[COUPLET 1]
J'ai grandi lĂ oĂč les murs connaissaient tous nos prĂ©noms,
Chaque cage d'escalier gardait l'écho d'une génération.
Quatre pulls faisaient les cages, personne comptait les points,
On jouait pour la gloire du quartier... pas pour devenir quelqu'un.
Le bitume tatouait nos genoux comme un rite de passage,
Chaque cicatrice racontait un chapitre, une page.
Les vélos dévalaient les cÎtes, les freins criaient leur colÚre,
On avait rendez-vous avec la vie... pas avec des horaires.
Le soleil dĂ©cidait quand la journĂ©e s'arrĂȘtait,
Pas une batterie vide ni un écran fatigué.
Les anciens jouaient aux cartes devant les immeubles d'en face,
Pendant qu'nous on rĂȘvait d'conquĂ©rir le monde... avec un ballon qui passe.
Les fenĂȘtres ouvertes laissaient sortir les chansons,
Le quartier tout entier connaissait les mĂȘmes refrains.
Aujourd'hui chacun vit derriĂšre des doubles vitrages,
On entend plus les voisins... seulement le bruit des messages.
[COUPLET 2]
Quand la pluie frappait les vitres comme une batterie,
La PlayStation devenait le refuge des aprĂšs-midi.
Une manette qui passait de main en main sans discussion,
Parce qu'perdre une partie n'a jamais cassé une relation.
Puis le ciel s'éclaircissait... on disparaissait dehors,
Les baskets encore mouillées... mais le sourire plus fort.
On courait jusqu'au cinéma retrouver les premiÚres histoires,
Les premiers regards qui valent tous les discours.
Les rappeurs parlaient vrai, les mots pesaient une tonne,
Chaque phrase restait gravée longtemps aprÚs la derniÚre note.
On découvrait le monde avec un casque sur les oreilles,
Aujourd'hui certains morceaux meurent avant mĂȘme leur rĂ©veil.
[REFRAIN] (chanté, trÚs mélodique)
Qui rallumera...
Les lampadaires de nos souvenirs...
Qui refera battre...
Le cĆur des rues qu'on a vu vieillir...
J'entends encore...
Les rires monter jusqu'au ciel...
Mais quand j'ouvre les yeux...
Le silence...
M'appelle...
[COUPLET 3]
J'regarde les terrains vides comme on visite une vieille maison,
Tout est encore debout... sauf les conversations.
Les bancs attendent toujours des gamins qui n'reviendront plus,
Comme si le temps avait refermĂ© les rues sur elles-mĂȘmes.
On nous a vendu la vitesse comme une révolution,
Mais personne nous a dit qu'on perdrait les saisons.
à vouloir parler au monde entier sans quitter son canapé,
On a oublié le voisin qui vivait juste à cÎté.
J'cherche pas Ă revenir en arriĂšre... le temps sait c'qu'il fait,
Mais j'aimerais qu'un enfant découvre encore ce qu'on vivait.
Un ballon qui rebondit...
Une sonnette qui résonne...
Une bande qui se retrouve...
Sans prévenir personne.
Parce que c'est lĂ ...
Qu'on apprenait la confiance...
L'amitié...
Le courage...
Et parfois mĂȘme...
L'amour...
[OUTRO] (Violons seuls)
On dit que les souvenirs...
Ne meurent jamais...
C'est faux...
Ils disparaissent...
Le jour...
OĂč plus personne...
Ne les raconte...
Il y a des chansons qui racontent une histoire... et d'autres qui réveillent une époque.
"LĂ oĂč les rues vivaient" est une plongĂ©e dans les annĂ©es oĂč nos journĂ©es se passaient dehors. Les matchs de foot improvisĂ©s jusqu'Ă la tombĂ©e de la nuit, les parties de basket sur le bitume, les descentes en vĂ©lo Ă toute vitesse, les aprĂšs-midi de pluie passĂ©s devant la PlayStation 1, les premiers cinĂ©mas, les premiers amours et les morceaux d'IAM, NTM ou de la Fonky Family qui tournaient en boucle.
Ă travers un rap conscient, portĂ© par une instrumentale cinĂ©matographique mĂȘlant piano, violons et boom bap old school, cette chanson rend hommage Ă une gĂ©nĂ©ration qui a grandi avec les genoux Ă©corchĂ©s, des rĂȘves plein la tĂȘte et une libertĂ© que rien ne semblait pouvoir arrĂȘter.
Une lettre ouverte Ă tous ceux qui ferment parfois les yeux... juste pour revoir les rues oĂč tout a commencĂ©.
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